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 A LA MAISON : Dajan McCormick

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Mathilda Seton Prewett

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MessageSujet: A LA MAISON : Dajan McCormick   Sam 30 Aoû - 23:15

    Le chauffeur s’arrêta devant un grand portail. Il avait longuement tourné autour de la maison, n’étant pas sûr s’il s’agissait de la bonne adresse. Assise à l’arrière, sa passagère lui assura le contraire. Ils étaient bien arrivés à destination. Ça ne pouvait être que cette maison. Les volets étaient clos depuis plus de trente ans. La végétation avait été laissée à elle-même et, après autant d’années d’oubli, elle s’était habituée à sa liberté retrouvée. Mais du point de vue du simple piéton, la propriété des Seton-Prewett restait néanmoins convenable. Elle devait l’être - au risque d’attirer le courroux des voisins.
    Il était désormais 11h du matin. Mathilda commença à se demander si elle n’était pas en avance à son rendez-vous. La rue était déserte. Il n’y avait qu’elle et son fils. Alors qu’elle songeait à courir après la voiture qui l’avait amenée, un couple fit son apparition de l’autre côté du trottoir. Miriam Dawes était une petite femme ronde au visage jovial et aux cheveux frisés. Pendant toutes ses années, cette résidente du quartier s’était chargée de entretenir la maison dans la mesure du convenable – et du légal – ayant été attribuée les doubles des clefs. A ses côtés, se trouvait un grand homme dont la silhouette dont la silhouette contrastait avec celle de son amie.


    MIRIAM : (Elle les accueillit en les prenant chaleureusement dans ses bras ; son fort accent sud-africain n’était pas difficile à reconnaitre) Eh ben ! Bonjour à vous ! Je m’excuse si nous vous avons fait attendre. Vous avez fait bon voyage ? Hein ? Il fait beau, hein ? Vous n’trouvez pas ? Ouais il fait beau. Alors - alors la compagnie. Que faisons-nous ? On entre, hein ? Oui, allons-y, on entre. Hugh, tu peux ouvrir le portail s’il-te-plait ? Il n’y a que lui qui arrive à le faire. D’ailleurs ! Voici Hugh Kallis, mon frère. Hugh, ça c’est la femme du petit Charlie. Tu te souviens ? Vous jouiez au ballon ensemble. Ils jouaient au ballon ensemble. Tu ne t’en souviens pas ? Mais si ! Au ballon ! Charlie ! Charlie avec le ballon ! Tu sais bien, le petit Charles que tu aimais bien ? (Elle se pencha vers Horace) Il jouait au ballon ton papa. (Mais quand le garçon ne réagit pas, elle se tourna vers sa mère, horrifiée à l’idée d’avoir commis une gaffe) C’est bien son petit ?

    Mathilda se montrait on-ne-peut-plus polie en lui confirmant la paternité d’un signe de tête. Impossible pour elle de répondre, Miriam faisait la conversation pour eux quatre. Hugh parvint enfin à déverrouiller la grille fut; ils entrèrent dans la propriété.

    MIRIAM : Vous n’avez pas emmené vos valises ?
    MATHILDA : Oh non. Nous restons encore à l’hôtel. Je ne savais pas si la maison était toujours habitable, s’il y a de ---
    MIRIAM : (Elle l’interrompit) Oui vous avez bien fait. Il n’y a pas encore l’électricité ni l’eau courante. J’ai pensé qu’on pourrait s’occuper de ça aujourd’hui. Vous pourrez emménager dans quelques jours. Voire demain ! Là, vous pouvez voir qu’on a tondu la pelouse. Hugh l’a fait. Pas vrai Hugh ? Les buissons on a commencé à légèrement les tailler mais pas trop, on n’avait pas vraiment le droit de le faire mais j’ai pensé que ça vous donnerait moins de travail à faire en arrivant.
    MATHILDA : C’est très gentil merci.
    MIRIAM : Mais de rien ! Vous n’êtes pas très bavards tous les deux. Moi c’est le contraire. Maman m’appelait la radio. Tu t’en souviens, hein Hugh ? Faut le pardonner. Il est un peu sourd et pas très malin, le pauvre. Pas débile mais un peu lent. C’est un gentil garçon.

    Le principal concerné tenait ouverte la porte principale de la maison. Mathilda le remercia très gentiment, avec cette gentillesse sincère mêlée à de la pitié qui pouvait la rendre – aux yeux de certains – condescendante. La maison était plongée dans l’obscurité. Il y régnait une forte odeur de renfermé, d’humidité et, à certains endroits, de moisi. Ladite moisissure s’était même mise à ronger quelques toiles. La jeune veuve fit quelques pas dans la maison, serrant la main d’Horace dans la sienne, à la fois intriguée et admirative des lieux. Tous les meubles avaient été recouverts d’un drap blanc, comme si les propriétaires avaient espéré les protéger temporaire afin de les réutiliser à leur retour. Mais en réalité cela inspirait plus le sentiment que la villa était peuplée de fantômes.

    MIRIAM : Oui. Ca sent un peu fort, vous trouvez aussi non ? Attendez…

    La petite dame tira les rideaux, ouvrit les fenêtres avant de s’en prendre aux volets qui, après plusieurs années de sommeil, lâchèrent un affreux crissement à leur réveil. La lumière du jour inonda la pièce, se réfléchissant sur le parquet et le sol carrelé des autres pièces. Mathilda suivit le mouvement et arracha tous les draps. Deux sofas ; trois fauteuils ; une chaise ; une petite table chinoise ; une lampe ; une armoire ; un buffet... Dessus, des objets divers étaient posés, pêle-mêle, un peu au hasard, entendant toujours d’être réutilisés. Il s’agissait presque d’un voyage dans le temps. A tout moment, une femme allait entrer dans la pièce pour reprendre le livre qu’elle avait laissé ouvert sur la table basse. Un enfant retrouvera sa poupée, cachée par son frère au dessus de la bibliothèque. De l’autre côté du salon, près de la véranda, un gramophone siégeait élégamment parmi une pile de vieux journaux au papier jauni. La nouvelle maitresse des lieux se rapprocha de l’engin ; poussée par sa propre curiosité, elle se mit à lentement tourner la manivelle. Le disque commençant à pivoter, elle y posa l’aiguille. Du cône jaillit un fort bruit de grattement et de quelque chose d’autre pouvant ressembler à une toux. La machine échauffée, les premières notes furent portées par le système d’amplification.



    La maison donnait l’impression de revivre. Il était alors facile d’imaginer la vie dans cette maison dans les années 1930. Un parquet ciré. Le marbre du hall fraichement poli. Les meubles dépoussiérés. Les pots du jardin d’hiver étaient à nouveau habités de plantes. Edward Seton Prewett lisait son journal dans la véranda. Dans l’autre pièce, sa fille, Lavinia, donnait une leçon de piano à sa sœur cadette, tandis que leur mère prenait son thé. Baby, son chien, passa sous ses pieds pour aller courir après Pashmina, le chat. Ils foncèrent tous les deux en direction d’Andrew qui, dans une tentative d’ esquive, se plaqua contre le mur, cognant la table sur laquelle se trouvait un précieux vase en céladon. Celui se brisa au contact du sol. Mathilda fit un bon.

    MIRIAM : HUGH ! Je t’ai dit de ne rien toucher. Regarde ce que tu as fait! (Elle se baissa pour ramasser les plus gros débris) Attention les pieds. Regardez moi ça. Il a cassé un cendrier. Je suis vraiment désolée. On vous en apportera un de neuf.
    MATHILDA : C’est pas grave. Je ne fume pas de toute façon. Laissez. (Un sourire) Ce n’est rien.
    MIRIAM : (Rassurée) Si vous le dites. Bien ! On monte en haut ? Il y a deux autres étages mais le dernier est dans un piteux état. Beaucoup plus que le reste de la maison. Ensuite nous irons faire les courses pour faire le ménage, embaucher des maçons pour les quelques travaux, acheter de nouveaux instruments électroménagers parce que rien ne marche maintenant. Et je vais aussi montrer où on peut remplir le réfrigérateur. Je connais aussi des femmes de ménage – parce que je doute que vous puissiez entretenir une aussi grande maison seule !
    MATHILDA : Non. (Elle rit. Posant sa main droite sur le bras de sa voisine, elle lui dit très sincèrement les paroles suivantes: ) Je veux encore vous remercier pour tout ce que vous avez fait. Rien ne vous y obligeait.
    MIRIAM : Ça me fait plaisir. Bon, allons y alors. Ne perdons pas de temps.

    ***


    Les travaux avaient débuté depuis à peu près une semaine. Des ouvriers avaient commencé à la rénovation du troisième étage et la réparation du toit. Les jardiniers s’affairaient à redonner beauté et ordre au jardin. Une équipe de plombiers s’était chargée de rénover la plomberie de la villa qui était désormais le foyer de petits animaux. L’électricité venait d’être établie. La cuisine était occupée par des mécaniciens qui installaient les nouvelles acquisitions électroménagères. Miriam avait insisté pour superviser l’arrivée de nouveaux meubles et la rénovation des plus anciens. A l’étage, des travailleurs repeignaient les chambres. Mathilda, elle, préparait à manger pour tous – du thé glacé et des sandwichs – tout en surveillant Horace qui jouait dans la nouvelle cabane en bois, perchée dans le plus gros arbre du jardin. Inutile de dire que ce chantier était impressionnant à regarder pour les rares visiteurs. Un visiteur était justement attendu. Dajan McCormick, conseillé par Miriam, devait venir jouer le rôle du babysitteur d’Horace le temps de la soirée. Présenté comme un garçon gentil, la maman angoissée qu’était Matty tenait quand même à le rencontrer et à apprendre à le connaitre pour savoir si elle pouvait entièrement lui faire confiance …
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Dajan McCormick

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MessageSujet: Re: A LA MAISON : Dajan McCormick   Dim 31 Aoû - 17:10

    Les lèvres pincées par l’agacement, Dajan accéléra encore son rythme effréné, faisant claquer ses chaussures de danse sur les lattes élimées du parquet.
    Le morceau de ‘West Side Story’ qu’il faisait tourner sur sa chaîne Hi-fi se répercutait dans sa chambre qu’il avait aménagée pour l’occasion. En d’autres termes, il avait déplacé son lit, sa commode et son bureau contre son mur, afin de créer l’espace qui lui serait nécessaire, profitant de l’absence de Rhys pour se faire.

    Ce dernier s’était en effet s’était absenté pour effectuer quelques courses des plus urgentes selon lui, mais dont il avait refusé de lui révéler la nature.
    Après avoir libéré de l’espace de son immense chambre -aseptisée et froide depuis que Rhys l’avait obligé à décrocher toutes ses affiches des murs blancs - l’adolescent avait poussé le volume de sa chaine à son maximum pour ensuite patiemment attendre le retour de son paternel.
    Quelques deux heure plus tôt, celui-ci l’avait assigné à résidence pour les trois mois à venir et ce, sans possibilité de négocier.
    Apparemment, Rhys avait demandé à la proviseur du lycée qu’il fréquentait de le prévenir directement en cas d’absence… et son après-midi plus qu’arrosé avec sa sœur n’était pas passé inaperçu.
    La sentence avait été immédiate : obligation de rapporter une note décente en algèbre sous peine de voir son interdiction de sortie rallongée, interdiction d’approcher une bouteille d’alcool et de joindre Scarlet (il lui avait d’ailleurs confisqué son téléphone cellulaire pour s’en assurer) d’aucune façon que ce soit et le pire de tout, rédaction d’une dissertation sur le thème de na nécessiter de s’éduquer dans le monde d’aujourd’hui.
    Quel genre de personne infligeait ce genre de punition à son propre enfant ?!
    Dajan ne comptait pas remplir cette partie-ci de leur contrat de toute manière. Ni celle qui lui interdisait de ne plus entrer en contact avec sa sœur ainée d’ailleurs ! Et il était également bien décidé à sortir et à boire sans retenu jusqu’à en tomber dans le coma. Sans compter qu’il n’allait pas perdre son temps à plonger son nez dans un stupide cahier de mathématiques et qu’il n’avait donc pas une chance de rapporter à son cher père une note correct pour son prochain devoir.
    Mais à ses yeux, ce n’était pas encore assez. Il fallait qu’il trouve un moyen de plus de faire enrager son père, malgré les risques que ce comportement lui en coûterait.
    Et quel meilleur moyen d’agacer son père que de s’adonner à sa plus grande passion ?

    Dès qu’il avait entendu la portière de la voiture de son père claquer dans l’allée, Dajan avait alors mis sa musique en route à pleine puissance, pour se lancer dans un numéro de claquettes endiablé.
    Si son père n’aimait pas entendre sa musique, l’entendre chanter (même à mi-voix) ou le voir se trémousser, il détestait encore plus l’entendre marteler le sol avec véhémence.
    Dajan avait l’impression que son corps était devenu un instrument de musique à part entière. Sa respiration de plus en plus saccadée, le martèlement musical de ses pieds sur le sol, ses mains qui se rencontraient bruyamment... mais bientôt, une nouvelle musique bien moins plaisante vint s’ajouter à la sienne.
    La voix tonitruante de son père qui hurlait depuis l’escalier.


    DAJAN MCCORMICK !!! COMBIEN DE FOIS DEVRAIS-JE TE DEMANDER DE NE PAS FAIRE DE CLAQUETTES SOUS MON TOIT !!! »

    Une lueur triomphante vint éclairer ses yeux fixés sur le miroir qui lui faisait face, tandis que ses lèvres s’étiraient en un rictus mauvais. Accentuant chacun de ses mouvements, les rendant presque douloureux, l’adolescent continua de danser, imperturbable.
    Il capta à peine les bruits des pas de son père qui grimpait les marches quatre à quatre pour venir appuyer sur sa poignée.
    Mais sa porte avait été soigneusement fermée à clés et Rhys du se résoudre à cogner sur la porte avec force à défaut de pouvoir entrer couper lui-même la musique.


    DAJAN !! ARRETE-MOI CA IMMEDIATEMENT » Ordonna-t-il en essayant de couvrir la musique de sa voix « ET OUVRE MOI CETTE PORTE, SINON.... JE LA DEFONCE, J’TE PREVIENS !! »
    ET BIEN VAS-Y !! DEFONCE MA PORTE RHYS !! » Lui hurla l’adolescent en retour, cessant enfin de danser pour fixer la porte blanche avec colère « ET PUIS CASSE-MOI LA GUEULE TANT QUE T’Y EST !! CA TE SOULAGERA PT'ETRE !!»
    COUPE CETTE MUSIQUE ET OUVRE CETTE PORTE » Répondit simplement son père après un temps de réflexion

    Le jeune homme resta silencieux, le souffle court, son regard haineux posé sur la poignée qui s’agitait sous les assauts de son père.
    Les poings serrés et le cœur battant, il laissa encore s’écouler une poignée de secondes avant de finalement laisser échapper une exclamation coléreuse.
    D’un geste brusque, il éteignit sa chaine et aussitôt, le silence reprit ses droits sur la chambre.
    De l’autre côté de la porte, Rhys respirait lui aussi avec force, soit parce qu’il était en colère, soit parce que la montée des marches et ses hurlements l’avait fatigué.


    Ouvre la porte » Fit soudain son père, d’une voix tendue mais bien plus calme que précédemment
    Non » Grinça Dajan dont les yeux s’embuaient de larmes de frustration et de honte mêlées
    S’il te plais, ouvre cette porte qu’on en discute »
    Non ! Laisse-moi tranquille ! J’te déteste et...et j’ne veux plus jamais te parler !! » Cria l’adolescent à courts d’arguments
    …c’est ridicule »
    Bah... toi-même ! » Riposta Dajan en essuyant ses yeux humides d’un revers agacé de la main « T’as pas le droit de m’interdire de la voir ! »
    Dajan, on en a déjà parlé et… »
    Non ! Tu en as parlé tout seul ! Tu n’as pas le droit de m’interdire de voir Scarlet ! » S’emporta l’adolescent
    Ouvre »
    Non »
    J’ai quelque chose à te dire »
    Dis-le à ma porte »
    C’que tu peux être agaçant ! » Ragea son père avant de prendre une profonde inspiration, probablement pour rester maître de lui-même « J’ai croisé cette vieille chouette de Miriam Dawes tout à l’heure et elle voudrait que tu lui rendes un service »
    C’n’est pas une vielle chouette, elle est très gentille… elle est juste un peu bavarde… » La défendit Dajan, même si au fond, il la trouvait un peu ‘vieille chouette’ aussi « Qu’est-ce qu’elle voulait ? »
    Elle voulait que tu garde le gosse d’une amie à elle qui vient d’emménager dans les environs. D’après ce qu’elle m’a dit, c’est une veuve et son gosse à l’air malade. Elle s’est dit que t’arriverais sûrement à lui arracher un sourire. Après elle m’a parlé de la spontanéité des enfants qui était des plus attendrissantes… »

    Un sourire timide vit le jour sur les lèvres de l’adolescent. C’était tout à fait le style de Miriam.
    Cette bonne femme pouvait parler des heures sans avoir besoin de la participation de son interlocuteur. Il était même persuadé qu’elle n s’était pas vexée une seconde quand Rhys lui avait grogné qu’il était pressé –parce qu’à coups sûr, c’est ce qu’il avait fait- et qu’elle l’avait salué chaleureusement en en faisant des tonnes.
    Lorsqu’il était plus jeune, elle l’avait elle-même baby-sitté à de nombreuses reprises et il l’affectionnait beaucoup, même s’il la trouvait un peu trop bavarde. Et encore, ce n’était pas vraiment ce qui le gênait, non ce qui l’agaçait, c’était qu’il ne pouvait pas en placer une alors qu’il était au moins aussi loquace qu’elle…


    Quand est-ce qu’elle veut que j’le fasse ? »
    Ce soir. Elle a dit que tu devais l'appeler »
    …mais je suis puni » Minauda Dajan
    Te rendre utile ne te fera pas de mal » Rétorqua Rhys d’un ton bourru « J’ai dis que tu y serais »

    En vérité, l’adolescent était persuadé que son père n’avait accepté que pour se débarrasser au plus vite de Miriam, et pas parce qu’il se sentait coupable de voir son fils se morfondre chez lui. Ou alors voulait-il simplement ne pas l’avoir dans les pattes…
    Mais peu lui importait les raisons, il était trop content de pouvoir s’échapper de sa chambre, même si ça sous-entendais avoir pour seul compagnon un gosse peu souriant.
    Il avait toujours su y faire avec les gosses et appréciait leur compagnie de toute manière.


    D’accord, j’le ferai » Annonça-t-il après une seconde de méditation
    Bien… et maintenant, ouvre la porte »
    Non » Fit-il simplement avant de baisser le volume de sa chaine et de remettre en route son CD

    Son père n’insista pas et il entendit ses pas s’éloigner dans le couloir tendit qu’il se laissait tomber sur son lit double, poussant un soupir rauque.

    **

    Vêtu d’un jean surmonté d’un tee-shirt des plus simples, ses écouteurs figés sur ses oreilles, Dajan descendit la rue qui le mènerait au domicile de la dénommé Mathilda. Miriam l’avait rapidement mis au parfum (c'est-à-dire qu’elle lui avait tenu la jambe plus de 20 minutes) et, après son coup de téléphone, en plus de connaitre l’adresse de la femme et le prénom de son fils, il connaissait le nom de son mari décédé et n’ignorait plus rien de ses talents de footballeur…
    D’après la femme, Horace –puisque c’est ainsi que se prénommait l’enfant qu’il allait garder- était un garçon effacé et morose qui ne parlait que très peu. Pour cette bavarde invétérée, c’était un signe évidant qu’il était malade.
    Mais l’adolescent coptait bien se faire son propre opinion sur le gosse et essayait simplement de ne pas y penser.

    Chantonnant un vieil air des Red Hot, il s’approcha de la propriété de Mathilda, observant le décor avec attention. Depuis qu’il était gosse, il passait devant cette vielle bâtisse branlante avec Seth et son ainé lui avait raconté tout un tas d’horreur dessus.
    Il avait fait de nombreux cauchemars à cause de lui, s’imaginant tomber sur un tueur en série armé d’une hache dont le passe temps favoris serait de découper les petits blonds dans son genre avant de les manger…
    Un sourire flottant sur son visage, il s’approcha du grand portail qui barrait l’entrée de la villa et appuya sur l’interrupteur usé, ne sachant pas vraiment s’il fonctionnait encore ou non.
    Une fois cela fait, il ôta ses écouteurs et les enroula autour de son Ipod, attendant sagement qu’on vienne lui ouvrir… ou pas.
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MessageSujet: Re: A LA MAISON : Dajan McCormick   Lun 15 Sep - 18:42

    Bzzz – bzzz. Bzzz – Bzzz !

    MIRIAM : JE L’AI ! JE M’EN OCCUPE! (Elle appuya le bouton de l’interphone et, étant incapable de contrôler le volume de sa voix lorsqu’elle manie des appareils téléphoniques, cria dans le microphone) C’EST CASSÉ ! JE VIENS VOUS OUVRIR !

    Quand Miriam était petite, sa mère la forçait à courir dans le jardin pour perdre du poids avec l’obstination d’un parent insatisfait avec les qualités de sa progéniture. Le fait est que la fille aînée des Dawes ne disposait pas de la même silhouette que sa mère ou de la vivacité d’esprit de son père. C’était une enfant banale. Bien que cela puisse être une source de réconfort pour certains parents, ceux de Miriam haissaient l’idée d’être associés à la « moyenne ». Pourquoi s’en satisfaire alors qu’on peut toujours faire mieux ? Ils crurent être maudits lorsque leur prochain enfant, Hugh, manifesta, très tôt dans son enfance, des signes de lenteur. Parfois durs et cruels, ils auraient pu laisser sur leurs enfants des complexes – voire l’anéantissement de leur confiance en soi. Mais Mlle Dawes, aujourd’hui âgée de 65 ans, avait toujours été assez naïve pour toujours voir le bon côté de la vie et ignorer les fautes de sa mère dont elle ne parle qu’avec une grande affection. Elle lui devait, après tout, ces petites jambes d’athlètes qui courraient (non, fonçaient) vers Dajan McCormick.

    MIRIAM : (Elle ouvrit le portail avec une clé qu’elle avait attachée autour de son poignée) Te voilà ! Bonjour trésor. (Une fois la grille ouverte, elle pressa ses lèvres sur les deux joues du jeune homme.) Comment vas-tu ? Ton père t’a parlé de ce petit job ? Oh, on peut toujours compter sur cet homme. Comment va-t-il ? Il n’a pas beaucoup parlé lorsque je l’ai vu. Il n’est pas malade j’espère? Mais que fais tu dehors ? Entre ! Allez viens. (Elle le prit par le bras et l’entraina vers la maison.) D’ailleurs, où est ta sœur ? On ne la voit plus. On m’a dit qu’elle a déménagé ? C’est vrai ? Du jour au lendemain que je ne l’ai plus jamais vue. Elle va bien au moins ? Je pense que c’est pour le mieux. Les enfants doivent quitter le nid. Tu es maigre. Tu manges au moins ? As-tu une petite amie ? Une fiancée ? Non ? Pourtant t’es beau garçon. Je sais pourquoi. Tu ne manges pas assez. Regarde tes joues creuses ! Et ton frère ? Il travaille toujours à la police ? Comment va ton père ? Elle est très gentille, tu verras. Une petite chose que tu as envie de mettre dans ta poche. Son fils aussi.

    La porte de la grande maison était grande ouverte. Deux ouvriers prenaient une pause dans le jardin. Les livreurs chargeaient et déchargeaient leur camion de meubles. A l’intérieur, Hugh se contentait des tâches ménagères qu’on voulait bien lui donner. La cuisine se trouvait au sous-sol, avec l’office, qui abritaient jadis la valetaille et qui était un monde à part entière séparé de celui « d’en-haut ». Une petite fenêtre dans la cuisine donnait la possibilité à tous ceux qui s’y trouvaient de voir le jardin et les pieds des personnes à l’extérieur. Debout devant le plan de travail en bois, Mathilda étalait du beurre de cacahouètes sur des tranches de pain de mie. Cette préparation sera pour Horace. Pour ses invités, elle avait préparé des petits sandwichs au jambon. La bouilloire sifflait. Elle versa l’eau dans une petite théière, posa l’assiette de sandwich et deux grandes cruches remplies de thé glacé sur un plateau qu’elle transporta à l’étage. Elle fit son chemin vers le jardin, les bras encombrés, où une table avait été placée sur la terrasse. Eux quelques hommes présents elle versa un grand verre de thé.

    MATHILDA: HORACE ! Descends de là et viens manger.

    Le petit garçon ne se fit pas prier. A peine une minute plus tard, sa petite silhouette pouvait être aperçue en train de descendre de son arbre. Il courut vers la maison où il fût accueilli par la main que lui tendait sa mère. Ils entrèrent. Horace s’assit machinalement à la table de la cuisine pendant que sa mère lui versa un verre de lait. Ce ne fût qu’une fois servi qu’il prit une tartine de beurre de cacahouète. Un peu plus haut, Miriam donnait à son jeune voisin une visite guidée du rez-de-chaussée.

    MIRIAM : Et ici ce sont les W.C. Bien sûr il a fallu qu’on refasse tout. Tu vois ce carrelage là ? C’est Hugh qui l’a fait. Impressionnant un. Je lui ai dit « Non Hugh, tu peux pas le faire, laisse les gentils carreleurs le faire. Ils sont payés pour ça ». Tu t’en souviens Hugh ? (Il ne répondit pas.) Mais ils ont dit que ça ne leur dérangeait pas. Ils lui ont appris à le faire. Tu vois ça ? C’est presqu'un travail de professionnel. On dirait qu’il a fait ça toute sa vie. Allez. On parle, on parle… mais tu n’es pas là pour entendre tout ça. Viens, ils sont en bas. (Elle le conduit vers un petit escalier étroit.) Fais attention aux marches. Il y a un endroit qui n’est pas très bien éclairé. Prends ma main si tu veux.

    Le sous-sol était également en travaux. L’espace immense. Son utilité minime. En effet, il ne fut pas encore décidé du sort des anciennes chambres des domestiques. Il y régnait une certaine obscurité - toutes les lumières n’étant pas encore bien installées. Les lieux pouvaient faire peur en particulier la nuit. Mais la cuisine faisait exception. Par sa fenêtre, la pièce était lumineuse, conviviale et même chaleureuse.

    MIRIAM : (D’une voix chantante) Nous voilà ! Mathilda, voici le gamin. Dajan.

    MATHILDA : (S’arrêtant au milieu de la vaisselle, elle lui sourit et tendit une main au babysitteur) Bonjour. J’ai fait du thé. Asseyez vous, je vous en prie.
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MessageSujet: Re: A LA MAISON : Dajan McCormick   Mer 17 Sep - 16:55

    Les secondes s’étiraient, se transformant bientôt en une bonne minute, quand finalement, une voix éraillée s’éleva de l’interphone. Un sourire fendit le visage lorsqu’il reconnu celle de Miriam s’élever qui parlait fort dans l’appareil. Il pouvait l’imaginer d’ici…
    Son sourire s transforma en éclat de rire incontrôlable.
    L’adolescent pouvait facilement s’imaginer pourquoi son père la croyait folle ! Mais ça n’était évidemment pas le cas, c’était juste une bonne vivante, bavarde comme personne, mais toujours très serviable et pleine de bons sentiments.
    L’opposé de son père en somme…

    Après quelques instant, il entendit des pas précipités de l’autre côté du portail et, encore une fois, Dajan pouffa, étouffant ses rires derrière sa main pour ne pas vexer la sexagénaire. Il était complètement calmé lorsque le portail s’ouvrit et qu’elle apparu, le regard brillant d’excitation, son éternel sourire bienveillant flottant sur son visage ridés.
    Elle le salua chaleureusement puis déposa deux gros bécots sur ses joues. Il détestait ses baisers mouillés et, pendant qu’elle se lançait dans un discours qui serait certainement interminable, il essuya sommairement ses joues.

    Son jeu préféré débuta alors. Miriam parlait, lui posant questions sur questions sans véritablement attendre de réponse, et Dajan lui répondait, sachant pertinemment qu’elle ne l’écoutait pas. Mais il s’en moquait royalement. Il adorait ça.
    Miriam ne semblait même pas avoir conscience que sa voix s’élevait…
    Elle l’attrapa bientôt par le bras pour l’entraîner vers la maison.


    Scarlet a déménagé oui, j’l’ai même aidé à s’installer. Maintenant elle vit dans une basse-cour pas loin d’ici, avec une tribu de pingouin. Ils sont assez gentils, même si la plupart ont la rage. Elle s’y plait en tout cas » Débita-t-il sur un ton parfaitement neutre, ne se défaisant pas de son sourire mutin

    Il avait toujours comparé la vielle femme à un chien. C’était peu glorieux mais, tout comme ces animaux, elle réagissait plus aux intonations qu’au sens véritable des mots, si bien qu’on pouvait lui dire tout et n’importe quoi.

    Pas de petite-amie, non. Pour ça il faudrait que j’aime les moules et je suis plutôt anguille. La pêche est un sport tellement enrichissant. Seth ? Oui, oui, il vend toujours de la drogue » Continua-t-il en lui servant son plus grand sourire pendant qu’elle s’extasiait

    Mais son attention fut distraite lorsqu’il pénétra dans le bâtiment qui jadis avait été à l’origine de bon nombre de ses cauchemars.
    Dajan ne prit plus la peine de se moquer gentiment de Miriam et ne l’écouta plus vraiment parler.
    Les yeux écarquillé, il observait chaque recoin avec émerveillement. L’endroit avait certes encore besoin d’être rénové et les pièces dans lesquelles elle le faisait passer paraissaient immenses car vides, mais l’endroit ne manquait pas de charmes.
    Il aimait les vieilles bicoques de ce style et avait les villas modernes telles que la sienne en horreur. Tout était trop carré, trop rigide… là, c’était très différent et il aurait pu passer des heures à visiter les lieux pour s’émerveiller devant chaque moulure, chaque détail.
    Près de lui, Miriam continuait de perdre sa salive, lui faisant faire le tour du propriétaire.

    Il observa le carrelage qu’elle lui montrait avec fascination, un sourire mystérieux flottant sur ses lèvres. Il fallu d’ailleurs un temps à l’adolescent pour repérer Hugh qui, comme d’habitude se tenait dans un coin, l’air pataud.
    L’adolescent le gratifia d’un sourire et d’un signe de la tête que l’homme lui rendit d’un air impassible.
    Mais soudain, il se sentit tiré en arrière par sa sœur. Il aurait voulu pouvoir s’attarder davantage ici, mais elle n’était de cet avis. Pourquoi déjà ?
    Ah oui ! Horace !
    Avec tout ça, il en avait presque oublié la raison de sa visite dans la vieille maison branlante.

    Il emboita docilement le pas à Miriam et, lorsqu’elle lui proposa de prendre sa main pour descendre, roula des yeux. Ce genre de choses passaient encore quand il avait 5 ans, mais plus maintenant…
    Le problème avec Miriam Dawes, c’est que, quand elle vous avait connu enfant, vous ne grandissiez jamais à ses yeux, et ça, même si vous la dépassiez de plus d’une tête comme c’était le cas pour lui.
    Avant qu’il n’ait pu protester pourtant, elle avait attrapé sa main et l’entraînait dans les escaliers plongé dans une semi-obscurité qui lui aurait paru angoissante qu’il n’avait pas été tant fasciné par l’endroit.

    Elle ne daigna lui lâcher la main qu’après un moment, alors qu’ils avaient déjà descendu les escaliers et traversé quelques pièces obscures pour rejoindre ce qui semblait être une cuisine.
    Le jeune homme plissa un instant les yeux lorsqu’il déboucha sur une pièce lumineuse contrastant avec le reste de l’étage.
    Alors qu’il commençait à examiner l’endroit, une femme s’approcha de lui, une main tendue dans sa direction.
    Il observa son visage singulier durant une poignée de secondes, étudiant ses yeux d’un éclat azuré, son teint pâle et son sourire poli.


    Bonjour Madame » La salua-t-il en s’armant de son plus beau sourire, serrant délicatement sa main

    Elle lui proposa ensuite de s’asseoir et il s’exécuta, s’approchant de la table où était attablé un petit garçon, celui qu’il devrait garder ce soir.
    Contrairement à sa mère, il arborait des cheveux roux et quelques tâches de rousseur parsemaient son visage aux traits enfantin et sérieux. Ses petites mains entouraient un verre de lait à demi rempli et des toasts au beurre de cacahuète étaient étalés devant lui.
    Dajan sourit et s’assit non loin de lui pendant que la maitresse des lieux s’activait.


    C’est un goûter de champion que t’as là bonhomme » Fit-il remarquer

    Le gamin leva son regard perçant vers lui mais ne répondit rien.
    Dajan ne s’en formalisa pas. Il avait l’habitude de fréquenter les enfants et savait que les premiers contacts n’étaient jamais évidents. Il fallait lui laisser du temps
    .

    Vous avez une bien jolie maison » Commenta-t-il en se tournant vers sa propriétaire

    -« Je lui ai fait faire un petit tour pour qu’il se familiarise avec l’environnement » Intervint Miriam en passant affectueusement sa main dans les cheveux de l’adolescent
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Mathilda Seton Prewett

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MessageSujet: Re: A LA MAISON : Dajan McCormick   Dim 5 Oct - 0:05


    MATHILDA : Merci Miriam. Comme vous avez pu le remarquer, nous sommes encore en travaux. (Elle s’assit.) Horace, réponds quand on te parle.

    Il ne répondit pas. Sa mère s’excusa auprès de son invité avec un sourire embarrassé. Elle ne pouvait que s’excuser auprès de lui puisqu’il était bien le seul à prêter attention à ce qui se passait. Miriam s’était également assise remplissant toutes les tasses de thé et enrichissait celle de Dajan en sucre et en lait. Pour elle, le jeune homme n’avait que quelques années de plus qu’Horace et comme tout enfant, il devait aimer le lait et le sucre dans ses boissons chaudes. Ses petites mains potelées se pressaient à remettre une couche de beurre sur ses sandwichs préparés par Mathilda.

    MIRIAM : HUGH ! C'EST L'HEURE DU THÉ! (Pour s'assurer d'être entendue, elle alla cria dans les escaliers.) DESCENDS! IL Y À MANGER!

    Il ne se fit pas attendre. Âgé d’une quarantaine d’année, Hugh était un grand homme maigre aux joues creuses qui marchait maladroitement, les bras le long du corps et la tête penchée en avant. Comme une vraie mère, sa sœur lui indiqua la chaise sur laquelle s’asseoir. Avec leur grand écart d’âges, Miriam a passé sa vie à le materner. Il le fallait bien que quelqu’un le fasse. Le poste avait été laissé vacant depuis sa naissance par une mère absente et froide.

    MIRIAM : Fais attention. C’est chaud.

    Elle était à l’affût au moindre de ses désirs, de ses goûts, de ses humeurs… Outre le fait qu’elle n’ait jamais eu de véritable prétendant, cette vieille fille a (inconsciemment) décidé de mettre sa vie de côté pour la consacrer à son frère. La mort de leurs parents leur a laissé une somme importante d’argent qui avait été sagement épargnée. Pendant près de 15 ans, ils avaient vécu une vie frugale, dénuée de luxe, pour qu’il reste, un jour, assez d’argent à Hugh pour survivre seul.
    Les Dawes étaient dorénavant une partie intégrante de la vie des Prewett en Afrique du Sud. La cuisine ne fonctionnant pas, ils avaient jusque là dîné chez les voisins. Malgré la singularité de leur personnalité respective, la veuve trouvait un réel plaisir à les avoir à ses côtés. N’oublions pas non plus le fait que le reste du voisinage n’avait pas vraiment fait l’effort de venir faire leur connaissance.


    MATHILDA : Je risquerais de rentrer tard et j’ai besoin d’une personne pouvant, ou souhaitant, passer la nuit ici. (Un autre sourire gêné apparut sur son visage. Elle se tourna vers son amie.) Miriam m’a assurée que ça ne vous poserait pas de problèmes donc je ---

    MIRIAM : (L’interrompant brusquement) Non, non, non… (Elle souffla sur son thé pour le refroidir.) Ne vous inquiétez pas. Vous lui faites une fleur ! Cet enfant reste enfermé chez lui. Ce ne doit pas être bon pour un gamin de cet âge. Il devrait être dehors à jouer au ballon mais non. On ne le voit presque plus. Ça ne te dérange pas Dajan, pas vrai ? Non. Vous voyez. Il est libre.

    Mathilda se contenta d’un sourire certes mais amical mais perplexe. Sa voisine avait cette manie de répondre elle-même aux questions qu’elle posait à ses interlocuteurs. Elle ne le faisait pas méchamment, bien au contraire ; elle était juste une de ses personnes tellement convaincue d’avoir raison qu’elle imposait ses idées aux autres (qui ne pouvaient qu’être en d’accord avec elle !).

    MATHILDA : (Amusée) Et bien… Voilà qui est réglé. (Elle partagea un regard complice avec Dajan avant de reprendre la parole.) Je partirai à 20h. Le dîner est déjà dans le four. Il est encore neuf. Réchauffez au moins 20 minutes avant de servir. Horace n’a pas de problème avec les légumes, donc vous n’aurez aucune crise de ce côté-là. Vous pourrez le coucher à 21h, 21h 30 au plus tard. Il s’endort tout seul. Là encore, aucune crise. Il brossera seul les dents, pas besoin de le lui dire. Venez, je vais vous montrer votre chambre. Miriam, pourriez vous surveiller Horace une fois qu’il aura fini de manger s’il-vous-plait ? Je n’ai pas envie qu’il aille tout de suite jouer dans l’arbre.

    MIRIAM : Ne vous inquiétez pas.

    MATHILDA : Merci. (Elle se leva, invitant Dajan à faire de même, et quitta la pièce.) Je m’excuse pour plus tôt. Ce n’était pas mon intention de vous forcer la main ---

    Une fois arrivée à l’étage, elle guida le babysitteur vers le grand escalier de la maison, celui menant vers les autres étages. L’escalier étant large, ils purent croiser des livreurs transporter une grosse commode en bois.

    MATHILDA : --- mais j’ai vraiment besoin de quelqu’un pour la nuit. C’est une affreusement grande maison. (Elle ne dit pas plus. Ce n’était pas la taille qui l’effrayait, c’était l’ambiance de la demeure.) Et ça me rassurait d’avoir quelqu’un ici au cas où quelque chose arrive à moi ou à lui. (Sa voix devint un peu plus faible. Elle fit mine d’ignorer ce fait en balayant une mèche de cheveux de son visage.) Vous comprenez ?



[Je m’excuse mille fois pour cet énorme retard. J’ai été assez occupée et l’inspiration n’était simplement pas au rendez-vous.
Embarassed ]
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Dajan McCormick

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MessageSujet: Re: A LA MAISON : Dajan McCormick   Ven 10 Oct - 18:28

    Dajan se retint de lever les yeux au ciel lorsqu’il vit Miriam verser du lait dans sa tasse. Il détestait ça et elle le savait parfaitement puisqu’elle lui avait longtemps préparés ses goûters ! Perfide bonne femme…
    Il ne dit pourtant rien, se contentant de l’observer faire depuis le fond de sa chaise. Ses yeux se posèrent bientôt sur les sandwichs que la propriétaire de la bâtisse avait préparés. Il n’arrivait pas à se souvenir à quand remontait son dernier repas, mais curieusement, il n’avait pas faim.
    La seule vue de la nourriture lui donnait la nausée.
    Il s’en détourna bientôt pour lever son regard sur Hugues qui venait de faire son entrée.

    Un sourire amusé étira ses lèvres. D’aussi loin qu’il s’en souvienne, il avait toujours apprécié le quadragénaire. Il n’était pas bien bavard, un peu ‘mou’ comme Seth aimait à le dire, n’avait pas un grand humour, mais il était adorable.
    L’adolescent avait toujours été persuadé que l’home était gay. Lui et Seth avaient d’ailleurs ouvert les paris à ce sujet et attendaient toujours de savoir qui des deux obtiendrait les $20 qu’ils avaient mis en gage quelques années plus tôt.
    Un jour ou l’autre, cet argent atterrirait dans sa poche. Avec une sœur comme Miriam, tout homme normalement constitué renoncerait à la gente féminine !
    Qu’est-ce qu’il pourrait bien s’acheter avec $20…

    La voix de Mathilda le tira de ses pensées. Il se retourna vers elle, affichant un sourire poli tandis qu’elle lui expliquerait qu’il devrait passer la nuit ici. Ca n’était pas franchement ce qu’il avait compris, mais il s’en accommoderait. Et puis ça lui permettrait de voir si Rhys se souciait ou non de lui puisqu’il ne comptait pas le prévenir de ce changement de plan.
    Quelque chose lui disait que le savoir absent n’empêcherait pas son père de dormir sur ses deux oreilles, mais l’espoir faisait vivre après tout.

    Dajan ouvrit la bouche pour faire savoir à la veuve que ça ne le dérangeait pas le moins du monde, mais Miriam intervint et répondit à sa place. Il lui jeta un rapide regard réprobateur, avant qu’un nouveau sourire ne se pose sur ses lèvres. Elle était agaçante, mais il était impossible de lui en vouloir pour quoi que ce soit.
    L’adolescent l’écouta donc expliqué que ça ne le gênait pas du tout et que c’était mieux pour lui de toute manière, agitant sa tête blonde discrètement pour traduire son dépit.
    Lorsqu’il s’aperçu que Mathilda l’observait, il échangea avec elle un regard complice et son sourire s’élargit encore.

    Il écouta ses instructions avec soin, mémorisant les horaires qu’elle lui donnait. Visiblement, Horace n’était pas un enfant très difficile. Miriam l’avait dépeint comme un garçon effacé et il semblait effectivement l’être, mais au moins, il ne paraissait ni capricieux ni geignard. Enfin… mieux vaut se méfier de l’eau qui dort.
    Il avait déjà eu à faire à des enfants adorables devant leurs parents et qui s’étaient transformés en monstres dès leur départ… depuis, il ne pouvait plus voir une Barbie sans frissonner d’horreur.
    Dajan jeta un regard en bais à Horace qui avalait ses tartines dans un silence quasi religieux lorsque sa mère fit remarquer qu’elle ne souhaitait pas le voir aller jouer dans l’arbre aussitôt après son repas.

    Lorsqu’un raclement de chaise s’éleva dans la pièce calme, le jeune homme se retourna vers la femme qui s’était levée et le fixait d’un air entendu. Il se redressa alors à son tour, sans avoir touché à son thé, et lui emboita le pas en vitesse.


    Y a pas de mal madame » Répondit-il dans un haussement d’épaule lorsqu’elle s’excusa

    Il jeta un rapide coup d’œil aux travailleurs puis, se retenant de fourrer ses mains dans ses poches –ce qui selon Miriam faisait très mauvais genre et lui faisait courber le dos, ce qui n’était pas sain évidemment- la suivit docilement en l’écoutant avec attention.
    S’armant de son sourire le plus rassurant, il répondit à ses remarques d’un ton compréhensif.


    Ne vous en faite pas, il n’y a aucun soucis. C’est vrai que la maison est grande et vous n’êtes pas là depuis longtemps d’après ce que m’a dis Mlle Dawes, alors je comprends que vous ne soyez pas encore vraiment à votre aise ici »

    Il se garda bien d’ajouter que lui non plus n’était pas très rassuré à l’idée de passer la nuit dans cette vielle bicoque !
    Depuis qu’il était tout gosse, Seth s’amusait à le menacer de l’enfermer tout seul à l’intérieur s’il recommençait à l’appeler au milieu de la nuit parce qu’il avait eu un cauchemar. Il lui avait raconté tout un tas d’horreur sur les anciens propriétaires et d’autre choses encore qui lui avait fait mouiller ses draps plus d’une fois…
    Un soir d’halloween, il l’avait même obligé à pénétrer dans la cour. Il avait passé le restant de la nuit à trembler sous les couvertures du lit de sa sœur qui, elle au moins, était compréhensive.


    Hm… et vous n’avez pas d’autres recommandations à me faire ? Horace n’a pas d’asthme ou quelque chose comme ça ? » Demanda-t-il finalement, ne se sentant pas vraiment à l’aise avec la femme
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A LA MAISON : Dajan McCormick
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